Le jour J !

Après un entraînement léger au réveil, je me prépare mentalement pour les qualifications. Dans ma bulle, je matte des vidéos d’anciennes éditions de Ninja Warrior, puis je fais monter mon niveau de testostérone en écoutant du Rock irlandais (Dropckick Murphy pour les amateurs!) tout en regardant des combats MMA de Connor Mc Gregor. 

Cette préparation mentale est primordiale : se projeter vers son objectif permet au cerveau de se sentir prêt le jour J. Inutile de vous le préciser, à ce moment précis, je suis chaud patate ! Et ce n’est pas du luxe : parmi mes adversaires, il y a d’anciens finalistes de Ninja Warrior. Je me sens alors dans la peau d’un outsider qui peut créer la surprise. La production nous donne rendez-vous à 18h, sur le port de Cannes. La pression monte en voyant le parcours, le ballet des lumières et des projecteurs. On fait la reconnaissance du parcours sans avoir le droit de tester les épreuves. Un cascadeur fait le parcours devant nous et nous donne quelques conseils, puis l’arbitre nous livre ses dernières recommandations. Il est 19h. On rentre dans la tente et on attend que la nuit tombe pour débuter l’épreuve.

On passe par grappe de dix personnes. Tous ceux qui me précèdent ne passent pas les deux premiers obstacles, alors qu’on a quand même à faire à des sportifs particulièrement affûtés. Gros stress ! Je flippe un peu, et me dis que je vais finir comme eux et rentrer à la maison demain. Et là, il y a un des cascadeurs, un anglais, qui me dit « enjoy » et me fait une tape sur l’épaule. Ces ondes positives changent immédiatement mon état d’esprit. Cette fois, je me dis juste : « expérience de fou, kiffe et donne tout. » Une grande respiration et je me lance après le décompte des trois secondes. 

Comme la veille, seulement cinq personnes avaient réussi toutes les épreuves, je préfère ne pas me précipiter et prendre mon temps. En plus il est tard, fatigue et stress s’entremêlent, le sol est glissant, donc mieux vaut jouer la prudence.

La B.O de ma préparation en exclu !!!

Bon, premier obstacle de bras validé ! Je ne le redoutais pas trop car c’est typiquement le genre d’exercice que j’avais bien bossé. Maintenant, on passe au rouleau compresseur. Je donne tout en mobilisant jusqu’au moindre muscle de mes jambes pour m’accrocher. Vu de l’extérieur, on ne se rend pas forcément compte de la difficulté de cette épreuve. C’est une sensation étrange : comme se sentir dans une machine à laver qui finit par provoquer un trou noir dans ton cerveau et le relâchement de tous tes muscles. Et merde, je lâche… au bon moment sur le tapis ! 

La foule m’applaudit. J’ai réussi ! Je suis le premier de la soirée à passer les deux obstacles. Le troisième obstacle, qui consiste à faire des balancés, est impressionnant et très difficile. Mais bizarrement, je le sens bien. Sûrement parce que j’avais beaucoup bossé les balancés. C’est l’obstacle où j’ai pris le plus de plaisir. Les mouvements balancés et la sensation d’envol sont très agréables.

On arrive enfin à l’obstacle 4 : environ 10% des participants du jour l’ont réussi. Il faut sauter et attraper quelque chose en plein envol. Je suis tombé… Sur le moment, je pense que l’aventure est finie. En rentrant à la loge candidats, le moral dans les chaussettes et complètement trempé, je croise un candidat, déjà présent l’année d’avant sur Ninja Warrior, qui me félicite : « Super parcours tu vas passer ce tour. Peu de gens passent l’obstacle 4. » Cela me redonne un coup de boost. 

Une fois séché, je matte les épreuves dans la loge et constate que la prophétie du mec croisé plus tôt se réalise. Très peu de gens passent l’obstacle 4. Au bout d’un moment, je sais que je suis mathématiquement qualifié. Je cache ma joie devant les autres candidats disqualifiés mais je suis super heureux. Sur les coups de 3h du mat, je vais serrer mes potes dans les bras. Les trois prochains jours correspondent aux derniers sessions de qualification donc je suis assuré de rester encore quelques jours à Cannes. L’aventure continue !

En route vers la demi-finale!

La demi-finale

Du fait de mon entraînement intensif pour préparer l’épreuve, j’ai une tendinite à chaque coude. Mes potes étaient motivés pour qu’on s’entraîne. Mais au moindre mouvement, mes coudes étaient douloureux. J’ai donc privilégié le repos en passant un peu de bon temps, en profitant de la plage, du soleil et de Cannes. Le soir je regardais les autres épreuves de qualification.

Puis la demi-finale arrive. Il ne reste plus que les meilleurs, la crème de la crème, d’anciens finalistes et des sportifs connus. Rendez-vous 18h, comme la dernière fois. Nous faisons la reconnaissance du parcours, qui a l’air vraiment difficile avec un premier obstacle de jambe que tout le monde redoute. Le deuxième obstacle de bras consiste à s’accrocher de soucoupes en soucoupes inclinées qui nécessitent de bons balancés. Pour ceux qui passent les soucoupes, c’est au tour de l’échelle d’Hercule, et enfin, deux derniers obstacles qui rivalisent de difficulté.

J’appréhendais particulièrement le premier obstacle car l’équilibre des jambes est un peu mon point faible. On rentre dans la loge candidat et je trépigne d’impatience. 21h. La nuit tombe et la tension monte. La production appelle les premiers candidats dont je ne fais pas partie. En demi-finale, tu es en concurrence avec ceux de ton groupe de qualification. Je comprends rapidement que je vais passer parmi les derniers, tard dans la nuit, car personne de mon groupe n’est appelé. Pendant ce laps de temps, je suis passé par toutes les émotions : stress, dé-stress, moments de gamberge intensifs puis détente… Bref, ça me démange de passer et cette attente devient insupportable. 

22h, 23h, minuit… La fatigue l’emporte progressivement sur l’excitation et l’adrénaline. Je passe finalement à 2h30… Les deux qui s’élancent avant moi échouent dès les premiers obstacles alors qu’ils étaient les meilleurs de mon groupe. Je me motive tant bien que mal mais je suis vraiment crevé. De plus, après une nuit d’épreuve, le sol et la paroi des obstacles sont particulièrement glissants du fait de toutes les éclaboussures provoquées par les chutes des candidats. Sans me chercher d’excuses, j’aurais été beaucoup plus frais en passant quelques heures plus tôt.

Dans quelques secondes, ce sera le drame...

Je passe le premier obstacle, un escalator avec des marches mobiles qui requièrent un pas cadencé et précis, plutôt facilement. Je m’attaque maintenant aux soucoupes. Dès le premier balancé, les sensations ne sont pas vraiment là. Je ne me sens pas franchement à l’aise et mes mains glissent. Le troisième balancé est particulièrement ardu car la soucoupe d’après est plus haute. La forme de ma main ne l’épouse pas suffisamment et là, c’est la chute… De rage, je mets une droite dans la paroi du bassin. Mes nerfs lâchent. L’aventure s’arrête ici.

La déception digérée après quelques jours, je réalise que cette aventure a été très enrichissante en découverte et m’a apporté beaucoup d’expérience. L’adrénaline générée par la compétition me manque déjà. C’est comme un shoot, je suis camé au sport, c’est comme ça ! J’ai également pu échanger avec des sportifs de haut-niveau et fait des rencontres vraiment sympas. Comment ne pas se souvenir de la soirée de qualification, où j’ai alpagué Thomas Voeckler en lui lançant : « Bonjour Monsieur Panache ! » Puis j’ai pu revenir avec lui sur le Tour de France 2011, épreuve qu’il a failli gagnée et qui m’a fait aimer le cyclisme ! Bref, Ninja Warrior a été une super expérience tant humaine que sportive. Et pour l’heure, une certitude m’anime : c’est sûr, je reviendrai !

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